ACCUEIL – L’ASSOCIATION

L’ASSOCIATION   CORPO   FREUDIANO   PARIS 

Corpo Freudiano Paris est une association de psychanalyse qui réunit des psychanalystes, des analysants et des personnes intéressées par la psychanalyse.

Corpo Freudiano porte comme projet de transmettre la psychanalyse, d’encourager l’engagement de nouvelles générations d’analystes, de promouvoir une recherche théorique et clinique, de soutenir le dialogue entre les arts, les sciences, la politique et la psychanalyse.

Fondé en juin 2016, Corpo Freudiano cherche à mettre en place des lieux de partage de l’expérience analytique pour promouvoir la transmission de la psychanalyse, notamment auprès de ceux qui désirent devenir analystes.

Corpo Freudiano Paris est relié aux différentes associations Corpo Freudiano qui existent au Brésil, mais l’association conduit son travail de manière tout à fait autonome. Une fois par an, lors de colloques internationaux, il nous est donné l’occasion d’échanger de manière privilégiée avec les autres sections de Corpo Freudiano qui se trouvent au Brésil.

Corpo Freudiano Paris se reconnaît aussi en lien étroit avec l’expérience d’Insistance, Association qui sur l’initiative d’Alain Didier-Weill, cherche à relier art, psychanalyse et politique.

Corpo Freudiano Paris voudrait accueillir le plus ouvertement possible le désir de formation d’analysants désirants devenir analystes. Nous mettons en place des espaces de travail où la parole des uns et des autres pourrait circuler de manière horizontale et partagée. Trop souvent, nous avons fait l’expérience de l’existence d’un « surmoi institutionnel » qui bride la parole à l’intérieure des associations, et nous voudrions au contraire que l’association libre puisse aussi se déployer au sein de notre association.

Des soirées, des séminaires, des groupes de travail, des ateliers sont organisés tout au long de l’année à Paris. Les différents groupes de travail sont invités à présenter aux autres leur activité une à deux fois par an, pour qu’un partage d’expérience puisse avoir lieu.

Il n’est pas nécessaire d’être membre pour suivre les événements, les groupes ou les activités de Corpo Freudiano Paris. Sachez cependant que votre désir de devenir membre de l’association sera accueilli avec bienveillance.

Corpo Freudiano est composé de différents types de membres :

– les membres amis sont ceux qui souhaitent participer à une ou plusieurs activités régulières de l’association;

– les membres en formation sont les analysants qui désirent devenir analystes et qui cherchent dans l’association des espaces de travail leur permettant de soutenir leur désir;

– les membres praticiens sont des analystes déjà inscrits dans la pratique, et qui cherchent pour eux et pour d’autres des espaces de partage d’expérience;

En plus de ces trois catégories, existent aussi les membres d’honneur de l’association, et les membres bienfaiteurs.

On devient membre de l’association en en faisant la demande auprès d’un membre du Conseil d’Administration et en payant une cotisation pour l’année.

Corpo Freudiano a son siège  à Paris, 44/46 rue de la Butte aux Cailles Tél. : 01 45 80 44 63. E-mail : corpofreudiano@free.fr.

Pour l’année 2016-2017, le Bureau du Conseil de l’Association est composé ainsi :

Président : Paolo LOLLO
Vice-présidente : Julie LE ROUSSEAU
Secrétaire : Emmanuel VALAT
Secrétaire adjoint : David BERTON  
Trésorière : Cristiane CARDOSO

Membres :

Richard BEAN
David BERTON
Cristiane CARDOSO
Martine DA COSTA
Isabelle FERRE
Caterine HAGEGE
Paolo LOLLO
Sandrine PHAM
Laurent PEYRONNIE
Julie LE ROUSSEAU
Jacques SIBONI
Emmanuel VALAT
Julie Van DEN HECKE

Membres d’honneur:

Marco Antonio COUTINHO JORGE
Eva FUZESSERY
Henry FONTANA
Denise MAURANO
Jacques NASSIF

https://www.facebook.com/corpofreudianofrance/

 

______________________________________________________________

L’association Corpo Freudiano Paris

est née du désir de quelques-uns de créer un lieu de parole, d’étude et de recherche ouvert à tous ceux qui s’intéressent à la psychanalyse et surtout aux jeunes praticiens venant d’horizons différents. Elle vise à transmettre la psychanalyse, sa théorie et sa pratique, afin que chacun puisse la réinventer en son propre nom.

Le corps, la lettre, la danse

alphabetcity1Elle naît de l’expérience d’Insistance, une association qui relie art, psychanalyse et politique, et, dans le même temps, surgit d’une côte de Corpo Freudiano – Escola de Psicanalise, une association fondée à Rio de Janeiro en 1994 et qui réunit aujourd’hui, dans de nombreuses villes du Brésil, de très nombreux psychanalystes et jeunes praticiens, dans un travail de transmission du savoir freudien. « Corpo Freudiano Paris » accueille donc d’autres expériences et d’autres langues, sans renoncer pourtant à sa spécificité et à son initiative autonome.

608cc2d1cf6620b231c6b4fa84175859

   Grupo Corpo”

En gardant le nom portugais d’origine latine, l’association française Corpo Freudiano invite à prononcer, dans son nom, toutes les lettres, en particulier la consonne p, une labiale occlusive et explosive, qui dans le mot français « corps » n’est pas prononcée. Cette ouverture du corps à ses consonnes voudrait désenclaver la langue en l’ouvrant à « la lettre » pour faire résonner le signifiant. De la même manière, le travail de Corpo Freudiano désire rester au plus près du corpus freudien.

imagesZWKUPNYY.


Texte fondateur

Transmission, création et “passe” de la psychanalyse

Gouverner, psychanalyser, éduquer sont des métiers impossibles nous dit Freud. Impossibles, puisque les trois activités demandent l’engagement de la parole. Pour Lacan, dire toute la vérité est impossible, il nous manque les mots. A cause de ce manque, la vérité n’est que mi-dite. L’autre part est indicible, et pourtant, elle touche, par quelque bout, le réel. Dans le fragment n° 7 du Tractatus Logico-Philosophicus, Wittgenstein affirme d’une façon lapidaire et fulgurante : « Ce dont on ne peut parler, il faut le taire »* . Il s’agit de cette demi-vérité qui touche le réel, dont nous ne pouvons parler. Cela vaut la peine d’essayer de comprendre les caractéristiques de cette impossibilité, pour concevoir par la suite l’émergence d’une transmission possible. images (17)

Gouverner, psychanalyser, enseigner sont donc des fonctions en rapport avec ces deux versants de la Vérité, celui de la parole (le mi-dire) et celui du réel, qui échappe à la prise de toute symbolisation. Mais, c’est grâce à cet impossible que l’acte de parole peut toucher au réel. Avec le signifié la psychanalyse dit une vérité, mais c’est avec des signes spécifiques qu’elle touche au réel. Les limites du sens portés par le signifié ouvrent donc à la possibilité de rencontrer l’impossible. La parole, instrument permettant d’exercer ces trois fonctions, n’a pas de prise sur le réel qui lui résiste à la symbolisation.

Pour accéder à une forme de symbolisation qui touche au réel, il faut laisser choir les signifiés, les concepts déjà établies, laisser surgir les signifiants, les ouvrir aux possibles. Le psychanalyste alors doit se mettre en veille par son désêtre et laisser la place au savoir de l’analysant ; celui qui transmet se doit de laisser surgir le sujet avec son demi-savoir ; la démocratie doit laisser la place (l’agora) au peuple.

teaser_xl_klimt_top_02_1209280952_id_615533

De la même façon l’IMpossible de la transmission devient l’UN possible (possible un par un) d’un acte de séparation entre transmettre et recevoir, entre parler et écouter. Une nouvelle réception est ainsi possible, qui permet un écart qui ouvre à quelque chose d’une transmission du réel. Ce qu’on reçoit n’est pas la forme du réel (représentation), mais le réel d’une forme (un signe qui est affecté par l’inconscient). L’inconscient agit, mouvant le réel dans le symbolique, et ainsi devient sujet de cette réception. C’est par ce passage que les formes peuvent se transformer. La formation agit cette transformation.

Se former, devenir analyste, enseigner, ou faire de la politique signifie se transforme à partir de l’écoute. « L’inconscient c’est le réel en tant qu’impossible à dire »*. Ne serait-il pas aussi le possible à entendre ? Le réel c’est l’impossible, nous dit Lacan. Mais comment alors peut-il s’agencer au possible ? « Le signifiant est ce qui représente un sujet pour un autre signifiant »*. Cette dynamique de représentation nécessite l’association qui casse l’impossible de la parole. Toutefois le possible permit par l’association libre exige toujours une première symbolisation. Cette primauté est une prémisse, une nouveauté, une création, la rencontre entre symbolique et réel.

Comment alors enseigner, comment transmettre si dire toute la vérité est impossible puisque les mots nous manquent ? Comment faire en sorte que cet impossible de la transmission rencontre le possible ? Suffit-il de faire appel au désir de chacun dans son rapport au savoir ? Ou faut-il aussi créer des outils adaptés ? Et ce désir, pour qu’il soit agissant, ne doit-il pas se faire acte de séparation avec l’objet, faire alliance avec le symbolique, e faire surgir la scansion où les signifiants entames le réel ?

C’est à partir de cette transmission impossible que nous ouvrirons l’accès au discours de la psychanalyse. Cet impossible pourra nous permettre de rencontrer d’une façon nouvelle et singulière les textes de Freud et Lacan. Cette rencontre sera d’autant plus fructueuse qu’elle nous permettra d’approcher le réel inscrit dans la lettre. Chacun de nous pourra, avec sa voix essayer d’interroger l’énigme du savoir dans un lieu de questionnement nouveau où la psychanalyse, l’invention, l’art sont conviés ensemble au chevet des textes et des expériences d’analyste et d’analysant.

A l’Université les énoncés théoriques ont valeur de vérité. Ils doivent constituer un corpus de connaissance, évalué et validé par l’institution. Nous proposons un espace de travail où chacun fera œuvre de sa formation dans un trajet propre de recherche, de ressourcement et de dé-sidération.

Nous proposons un 1° lieu de travail où s’expérimentera ce renouvellement du discours analytique dans une lecture collective des textes de Freud et de Lacan. Dans ce lieu le savoir textuel et le savoir référentiel celui de la cure pourront se rencontrer.

A partir de cette rencontre pourront se former des cartels et d’autres espaces de travail, où divers questionnements théoriques et cliniques pourront s’élaborer. Dans chaque groupe, chaque participant pourra faire œuvre de ce qui appelle et le forme en restituant aux autres les questions personnelles qui l’auront saisi. La parole singulière de chacun, son style sera la signature d’une validation. Le parcours analytique individuel de chacun sera la signature d’une confirmation.

Nous nommons ce projet de transmission de la psychanalyse Corpo Freudiano, et proposons aux analystes et aux analysants d’y adhérer dans le but de mettre à l’épreuve le travail de l’inconscient dans l’échange avec quelques autres. Le but de Corpo Freudiano est de mettre en place une nouvelle formation de base, à l’abri des dogmes et des hiérarchies, en faisant référence aux textes fondateurs de la psychanalyse et à l’expérience de l’inconscient de chacun.

A Paris, le 14 septembre 2014

Paolo Lollo

Jacques Siboni

Cristiane Cardoso


* « Wovon man nicht sprechen kann, darüber muss man schweigen »

* Lacan, J., Encore, Le seminaire Livre XX, Paris, Seuil, 1975.

* Lacan J., Subversion du sujet et dialectique du désir in: Ecrits II, Paris, Seuil, 1999, p. 299.